Ils se réunissaient souvent de 5 à 6, ou parfois le lendemain.
Ils avaient un local, un débarras, un garage à vélos, à poussettes, à tricycles et à fauteuils roulants, qu’ils poussaient contre les murs pour se faire de la place. Il faut de la place, pour rêver, les doux rêveurs.
Ils rêvaient le mardi, le dimanche et parfois le lendemain, les mois de fêtes.
Ils ne rêvaient jamais la nuit. Ils rêvaient leur vie, ils s’inventaient des passés sans origines, ils imaginaient des mondes sans soleil, sans saisons ni rivages. Ils rêvaient qu’ils rêvaient et parfois, le lendemain, se racontaient leurs rêves. Leurs rêves s’effaçaient. En laissant des traces pourpres sur les vélos, sur les poussettes, sur les tricycles et les fauteuils roulants.
Leurs rêves roulaient. De montagnes en vallées, de fleuves en étangs, ils dévalaient les champs et emplissaient les villes de leurs oripeaux chatoyants, ça sentait la fleur d’oranger, la fleur de lys et la fleur des champs, Tiens ! disaient les gens, aujourd’hui, les doux rêveurs ont rêvé. Ou, parfois, le lendemain.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
Ami visiteur, je lirai avec intérêt vos commentaires ...