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jeudi 2 avril 2026

La Guerre des prix, film d'Anthony Dechaux

 

Beaucoup aimé. L’art de rendre humain et prenant un sujet potentiellement aride.

Du cinéma qui rend compte. Au-delà du monde de la distribution et de l’agro-alimentaire (notre quotidien, l’arène dans laquelle nous faisons nos courses !), la logique implacable des affaires : des rapports de profit dans les relations humaines : il y a des gens qui font ça, pour faire ça. Pas juste les « décideurs », « les patrons », en collusion avec les politiques. L’intelligence du film (et de ses acteurs !), c’est de nous montrer ces « salauds ordinaires », qui nuisent sans y penser, sans états d’âme. Chacun avec son style et ses motivations propres, en toute insouciance, entre deux cocktails et cérémonies d’auto-célébration (sacrée restitution de ce langage « positif », louangeur, hyperbolique – sans cesse démagogue ! – en usage à peu près partout : dans « le monde enchanté » de l’entreprise, de la politique, des associations, fêtes de village, etc. : « On est tous formidables ! » Et contents de soi.

Genre de film qui donne envie d’un prolongement : une discussion entre spectateurs, un autre film ... La réalité décrite est bien moche, et c’est au moins un début de la dénoncer, d’essayer de dessiller les esprits de ceux « qui ne savaient pas », qui n’ont pas envie de savoir. Mais, que faire ? Comment agir ? De façon utile, efficace : pas en se contentant d’indignations aussi complaisantes que stériles, pas juste à coups d’ « actions symboliques », d’initiatives « militantes » ... Y a-t-il des actes qui seraient capables d’enrayer le système ? De s’y opposer, si peu que ce soit ?


samedi 14 juin 2025

Le Répondeur, de Fabienne Godet

 Le Répondeur

 

 Le thème, original mais plutôt mince, et l'opposition mise à l'affiche, entre "le noir" et "le blanc" (de piteuse mémoire ... complaisance sirupeuse de la rencontre Cluzet-Sy ! ) me laissaient craindre le pire ...

J'ai d'autant plus savouré ce ballet astucieux et drôle, où je n'ai trouvé aucune fausse note, aucune facilité dans les choix du scénario.

Et les bonheurs du jeu de "mon copain Podalydès" !... 

 

Le modèle de la violence ordinaire : A normal family, film de Jin-Ho Hur

 poster du film Bande-annonce A Normal Family

 

Intéressant, fait écho à notre actualité : violence de gamins, qui ont celle de nos sociétés de compétition en exemple, en modèle, et les arrangements opportunistes de leurs parents avec la loi : chacun voit ses intérêts à sa porte 

samedi 21 janvier 2023

Youssef Salem a du succès


 

 

 

 

 

 Et c'est mérité ! Trouvé drôle, pertinent, impertinent : ça brocarde "l'identité arabe" (et les fantasmes identitaires en général), ça étrille les woke, ça se fout de la gueule de la littérature paillettes mondanités, et de ces mornes obsessions de la célébrité : ça respire, ça fait du bien !

mercredi 27 octobre 2021

Illusions perdues, de Giannoli

 

 


 

 

 

Beaucoup aimé, trouvé éblouissant, tonique, jubilatoire : cruel et drôle. L'art de la formule, tant dans le texte de Balzac que dans les dialogues.

Bassesses ordinaires, férocité des égoïsmes : tableau cru de la jungle humaine, en ce début de XIXe siècle ambitieux et arriviste : terriblement annonciateur du nôtre, mêmes appétits carnassiers, tout est bon pour "faire de l'argent", mettre à sa botte. Mêmes vertiges à propager des élucubrations, à repeindre l'information à la sauce de ses intérêts.

L'Humanité nue, dévoilée de ses prétentions morales, bien-pensantes : bal joyeux des mascarades de noblesse et générosité : car c’est joyeux, aucune mortification, grâce à l’abattage endiablé des acteurs, Vincent Lacoste en tête.

Un vrai régal !

lundi 18 octobre 2021

Julie (en 12 chapitres), de Joachim Trier

 

Julie (en 12 chapitres)
          

Chouette, tonique, sensible, joyeux, juste, intelligent, riche, stimulant : les questions de la vie, quelques-unes (pas mal), à 30 et quelques années (ou autre), quand on est une femme (ou autre). Les « choix », les bons choix, les mauvais, les expériences, les conséquences … Tout un film, toute une vie.


 

dimanche 10 février 2019

Tout ce qu'il me reste de la révolution, film de Judith Davis

Tout ce qu'il me reste de la révolution : Affiche


C’est fort : intelligent et sensible.

L’idée de départ est un spectacle théâtral conçu par Judith Davis  et sa troupe, L'Avantage du doute, en 2008

Le personnage qu’elle incarne est une jeune femme que révoltent le mode de vie « libéral » de notre monde, ses oppressions, ses vides : combative et militante, elle a gardé le sens des luttes de ses parents, maoïstes de 68, avec un peu de leur aspect doctrinaire.
Tantôt drôle, avec ses personnages maladroits, tantôt sensible, lorsqu’il raconte la difficulté des relations, familiales, amicales ou amoureuses, ce film touche en ce qu’il pose à hauteur d’humain la question politique : quels engagements et résistances sont encore possibles, après les désillusions des idéologies ? Il s’affranchit d’un discours militant, il interroge, il n’assène aucune réponse.
Un cinéma qui tranche agréablement avec les produits de grande consommation dont on gave le public à grand renfort de promotion : malheureusement, par cette forme insidieuse de censure, il n’est distribué que dans peu de salles (6 à Paris, par exemple !). Souhaitons que l’adhésion du public motive les distributeurs à en permettre la découverte à plus de monde …
 

dimanche 20 janvier 2019

Doubles Vies réalisé par Olivier Assayas





                         

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                         Beaucoup aimé ce film, vision voire satire désabusée du monde (parisien ...) de la « culture » : personnages prétentieux mais attachants, qui passent leur temps à discuter entre « amis », de l’actualité, de politique et surtout de littérature, sa place et son évolution face à Internet, ou la légitimité de l’écriture autobiographique.
De vraies discussions très denses, beaucoup de contenu, qui vont « prendre la tête » à ceux que ces sujets n’intéressent pas … Qui tournent en rond, d’apéros en colloques, parce que les personnages n’ont d’autres réelles motivations que la jouissance narcissique (le terme revient souvent dans le film) et leur intérêt personnel : privilégiés, enfants gâtés d’un système où il est de bon ton d’enrober ses égoïsmes d’un discours « cultureux » : on a la citation savante et toutes les références de l’entre-soi, entre deux séances où on se baise, à tous les sens du terme, jouissance décomplexée et sens du profit (savoureux Pascal Greggory en hédoniste cynique plus soucieux de ses actionnaires que de la « vénérable » maison d’édition qu’il possède, c’est le mot qui s’impose au spectacle de ses superbes compagne (jeune !) et demeure …)
Vincent Macaigne drôle en écrivain geignard aux poses de « créateur » mais sans égard pour autrui dans sa recherche du succès. Guillaume Canet et Christa Theret ambigus et séduisants dans leurs jeux de dupes. Juliette Binoche joue la copine sympa, la compagne enjouée, ce même mélange de sincérité et de fausseté, d’affection et d’égoïsme qui anime tous les participants de ce simulacre, qui nous ressemblent terriblement …