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lundi 19 janvier 2026

Les enjeux de la lecture : qu'est-ce qui fait qu'on "aime" un roman ?

 

Une réflexion sur le roman d’Alice Ferney, Comme en amour, est l’occasion de nous interroger sur ce qui se passe, quand on lit un roman : qu’est-ce qui fait que tel lecteur éprouve du plaisir à sa lecture ? Qu’en retire-t-il ? Que cherchons-nous, dans un roman ?

La motivation la plus évidente à lire est le plaisir qu’on en retire. Mais à quelles conditions ?

Nous lisons pour nous « distraire » : pour nous évader. De quelle prison ?

Un roman peut nous ravir à notre quotidien, si nous le trouvons banal et ennuyeux ; offrir une parenthèse à nos efforts et tracas quotidiens ; ou tout simplement nous amener à autre chose, comme un voyage, attrayant par son exotisme, la nouveauté qu’il propose.

Ceci explique le succès des romans d’aventures, qui nous changent de la platitude d’une vie normale, et particulièrement ceux qui inventent un cadre fantastique, ou de science-fiction : bien des lecteurs n’ont pas envie de  retrouver dans la fiction le quotidien qu’ils essaient de fuir, et ses problèmes.

Pourtant, cette littérature de l’imaginaire rebute certains : ils n’y trouvent aucun repère, ça « ne leur parle pas ». L’adhésion à un monde littéraire suppose la possibilité de se projeter et de s’identifier. Le lecteur doit y croire. De plus, beaucoup disent « ne rien comprendre » aux romans de science-fiction, ils se sentent noyés dans un torrent d’informations pour lesquelles ils n’ont aucune représentation.

Au début d’un roman, nous avons besoin de comprendre, et c’est la fonction de l’incipit, les personnages, leurs relations, les enjeux qu’ils affrontent, les lieux, etc. l’auteur de science-fiction s’amuse  souvent à esquisser un monde pour lequel le lecteur n’a pas les références.

Par exemple, la première page de Dune, de Franck Herbert, mélange des noms à consonances persanes, européennes, arabes,, entre autres. Le « plaisir du lecteur dépend ici de sa posture : là où le lecteur joueur, curieux de résoudre des énigmes, jubilera du défi à relever, celui qui préfère se retrouver en terrain connu s’ennuiera.

Notre plaisir est fonction des références dont nous disposons avant la lecture, acquises au cours de nos lectures antérieures, de nos études, de l’ensemble de notre « capital culturel » : c’est vrai pour tous les genres romanesques. Dans Dune, nous apprenons que le héros appartient à la famille des « Atréides » : ce qui ne dira rien, et semblera une fantaisie onomastique à ceux qui ne feront pas le lien avec les Atrides, famille des mythes grecs dont fait partie Agammemnon (et dont le héros s’avérera un lointain descendant ... Quelques milliers de pages plus tard.

A l’inverse, une élève de série littéraire jugeait Madame Bovary « ennuyant », parce qu’ « il ne s’y passait rien » ... Aucun plaisir pour elle ! Les longues descriptions détaillées qu’affectionnait le lecteur de l’époque, pas saturé d’images comme le lecteur contemporain, paraissent à certains des lourdeurs insupportables.

Là encore, c’est une question de posture : d’attitude de lecture. Les détails descriptifs requièrent du lecteur une capacité d’imagination, précisément : le pouvoir de transcrire les mots en images. A cette seule condition ces longues listes de mots se  transformeront en perceptions, de formes, couleurs, lieux, émotions, etc. Faute de quoi, ils ne sont que des mots : il n’y a que des mots, dans un texte ... Qui sont comme une partition de notes : simples signes abscons pour le néophyte, mais musique pour ceux qui savent les déchiffrer.

Ainsi, quand Charles Bovary se rend pour la première fois au chevet du père d’Emma, Flaubert nous livre les sensations qu’il éprouve sur son cheval, la nuit, sur les chemins de campagne : celui qui prend le temps de reconstituer les images et toutes ses perceptions se retrouve propulsé dans sa situation, il vit cette expérience par définition extra-ordinaire d’un médecin du XIXe siècle. L’exotisme du voyage est là, et ses plaisirs.

Celui de se retrouver dans un autre monde que le sien, redoublé, s’il en a la curiosité, par l’intérêt de découvrir un mode de vie révolu. C’est la coïncidence entre nos attentes, même inconscientes, et ce qu’offre le roman, qui suscite la plaisir.

Comme dans d’autres loisirs, ce sont également nos compétences qui déterminent notre degré de plaisir à une lecture. En l’occurrence, le capital de mots dont nous disposons, et notre maîtrise de la lecture : si l’effort est trop grand pour nous, la difficulté est un obstacle au plaisir. De même qu’une randonnée escarpée plaira peu à ceux qui ne disposent pas des capacités physiques requises.

A l’inverse, un roman simple, « facile à lire », ennuie un lecteur exigeant : il s’agacera des clichés et stéréotypes, ces expressions et phrases toutes faites (comme « Non, répondit-il d’un air étonné », ou « Les enfants jouaient tranquillement au soleil), comme en fabriquent à la pelle les Intelligences Artificielles ». Ce qui se passe, dans un roman, outre les actions des personnages, c’est l’écriture : la façon singulière, novatrice, surprenante, dont l’auteur joue avec les mots. Comme nous nous ennuyons à une ritournelle répétitive et sommaire, quand nous savourons les surprises d’une mélodie différente. Un lecteur malhabile à discerner les symétries syntaxiques, la complexité des subordonnées et les effets d’antithèses des œuvres du XVIIIe siècle n’éprouvera rien à leur lecture de la jubilation qui emporte celui qui en est familier.

Tout est donc affaire de personnalité : nous aimons être surpris, voire déroutés, mais pas trop, et plus ou moins selon notre nature ou nos dispositions du moment, et l’amplitude de notre étonnement est relative à l’étendue des formes déjà rencontrées.

Des étudiantes en BTS, issues pourtant de séries littéraires, s’étonnaient du roman dont la lecture leur avait été proposée : elles le trouvaient « mal écrit ». Donc, dans leur esprit, pas « littéraire ». Il s’agissait d’un roman de  Chandler, le créateur du roman policier noir, qui recourt à l’argot, et à toutes sortes de formules fantaisistes qui font justement le sel de son style. Ces lectrices en étaient restées aux modèles d’écritures des siècles passés, les seuls abordés au cours de leurs études. Qui n’incluaient pas, manifestement, la « révolution stylistique » apportée par Céline, notamment (Zola ayant déjà amorcé cet élargissement stylistique), dans les années 30, constituant à reconstituer la langue parlée.

Mais des critiques patentés peuvent  buter sur ce type d’à priori : lorsque Annie Ernaux a reçu le Prix Nobel, certains ont vilipendé son « absence de style ». Le choix esthétique de cette écrivaine, qu’elle définit comme une « écriture à l’os », ou « au couteau », qui consiste à n’employer aucuns « grands mots » ni « belles phrases », leur semblait une déficience. (comme, au XVIIe siècle, l’alexandrin baroque de Corneille a fini par être ressenti comme inélégant, en comparaison de la sobriété classique du jeune Racine).

Enfin, à l’originalité du style, à la plus ou moins grande normalité de la structure narrative et des univers représentés, avec leurs personnages, s’ajoutent, pour conditionner notre plaisir, les thèmes abordés. A chaque moment de notre vie, nous sommes plus ou moins curieux de tel domaine psychologique, social, historique. Les histoires d’amour peuvent éveiller des échos en nous, plus ou moins que celles qui nous parlent de maladie ou de vieillesse, de conquêtes ou de luttes politiques : chacun perçoit l’œuvre à travers le miroir de sa propre vie, recherche des confirmations ou des enseignements sur les situations qu’il rencontre dans sa réalité, ou au contraire sur des questions dont il ignorait tout.

A la lecture-distraction s’oppose, ou se superpose, une lecture-réflexion, qui donne à comprendre et à penser. La qualité que nous accorderons  au roman dépendra alors à la pertinence que nous accorderons à son propos (là encore, en fonction de ce que nous en connaissons nous-même). Les « grandes œuvres » du passé restent appréciées pour l’acuité du regard qu’elles portent sur les réalités de la vie : on peut aimer lire Flaubert, Laclos ou Madame de La Fayette pour ce qu’ils nous montrent de l’amour, Balzac ou Zola des empoignades sociales, Molière des comportements.

L’article suivant sera l’occasion d’étudier ces questions dans le roman d’Alice Ferney, Comme en amour.

vendredi 26 septembre 2025

Les Cinq Mousquetaires

 

Les Cinq Mousquetaires

 

 

J’avance en aveugle dans la rue liquéfiée, trottoirs inondés, ciel de larmes, les voitures en passant m’éclaboussent de leur indifférence, je m’éloigne du lycée Louis Barthou, Parc Beaumont, insensible aux arbres séculaires. Je ne sais pas où je vais. Tout droit vers le néant, qui est partout, sans elle la vie est vide, inutiles les rues et les édifices.

Des rues, je les suis, je marche, il semble que je marcherai jusqu’à la fin des temps.

Je suis trempé. Qu’importe. Derrière de hautes grilles en fer forgé, un parc autour d’une maison de maître, j’entrouvre le portail, me mettre un moment à l’abri, à quoi bon.

Je grelotte, je ne sais plus si c’est de froid ou de tristesse. Au-dessus de moi, une porte-fenêtre s’ouvre, une tête hirsute se penche sur la rambarde :

« Venez donc vous mettre à l’abri ! Vous allez attraper la mort. Allons ! Venez donc ! »

La mort, je l’ai déjà. Mais je cède à cette voix grave, douce de sollicitude. L’homme est grand, artistement couvert d’une robe de chambre d’un autre âge, élégance désinvolte de la soie rouge.

« Entrez ! Entrez ! Donnez-moi votre veste. On n’a pas idée de sortir ainsi vêtu ! Vous n’avez donc pas de mère pour vous veiller de ses attentions ? Tenez, approchez-vous du feu. Ça va vous réchauffer. Julie ! Julie ! Ah, où est-elle encore passée ? Attendez un instant. Julie, apportez des serviettes ! Nous avons un visiteur. Et préparez-nous deux grogs, ce froid humide va nous tuer.

Alors ! Asseyez-vous, là, oui, très bien, dans cette bergère tout près de l’âtre. Ne vous inquiétez pas d’en gâter le tissu, il est à refaire, de toute façon. Il a son âge, comme tout d’ailleurs dans cette maison, qu’il faudrait rafraîchir. Mais les moyens manquent un peu, et l’envie, probablement aussi.

Alors ! Racontez-moi. Quelle affaire vous a mis par les rues par un tel climat ?

- Je vous remercie de vos attentions. Mais je ne voudrais pas vous déranger. Je vous interromps peut-être dans une occupation importante ?

- Laissez, laissez ! Voilà une jeunesse bien éduquée. Ça ne se rencontre plus si souvent. Je suis toujours content d’être un peu « dérangé », je ne reçois pas si souvent du monde. Vous serez ma récréation. Je m’épuise sur un chapitre qui ne veut pas se laisser écrire. Ce personnage m’ennuie, d’ailleurs tout m’ennuie dans ce roman, auquel je ne me résous que pour avoir la paix avec mes amis Maxime et Louis, qui ne veulent pas me laisser écrire ce que je veux. Mais vous-même ? Ecrivez-vous un peu ?

- Il m’arrive d’y rêver. Mais à quoi bon ?

- Je vous trouve bien pessimiste, pour votre âge. Encore que vous n’êtes pas sans me rappeler ce que je fus, dans mes jeunes années ; et ce qu’il m’arrive encore parfois d’être ... Je devine une femme derrière ces amertumes !

- Vous devinez bien.

- Racontez, racontez ! Vous vous trouvez devant un spécialiste des déboires amoureux ! Elles ne se sentent satisfaites qu’après avoir brisé un cœur ou deux. Pour me venger, j’ai mis ma déesse dans une histoire. Peut-être un peu trop romantique, un culte à la beauté, il faudra sans doute un jour que je la reprenne.

- « Ce fut comme une apparition ... »

- Bigre ! Vous l’avez lu ! Vous saviez que c’est un peu ce qui m’était arrivé, étant plus jeune ? J’ai transposé l’affaire. Transposez, transposez ! C’est le secret de toute littérature. Et donc ? Vous aussi ? Vous en ferez un beau roman !

- Je crains qu’il n’y ait rien de bien romanesque ... Un vilain escalier dans un recoin d’un lycée ... La pluie ne nous a même pas permis le cadre plus élégant d’un banc au cœur d’un parc, comme nous en avions le projet ! Moi, qui bafouille, qui défaille de peur, la peur de ce qui va forcément suivre, de ce qui suit, l’humiliant « Nous pouvons rester amis ? ».

- Excusez-moi ! Excusez-moi de rire, je ne ris pas de vous, mais de nous, nous-autres, pauvres hommes, créatures si vulnérables. Enfin, pas tous. Il y a aussi de vilaines brutes. Et c’est elles qu’on dit le « sexe faible » ! Tellement universelle, votre histoire.

- Vous savez ? Je l’aime bien, moi, votre escalier minable, ce décor mesquin de votre tragédie racinienne. Il est là, l’avenir du roman ! Dans cette mise en scène scrupuleuse de la réalité. Foin des cadres princiers ou féériques ! Laissez cela aux faiseurs d’artifices. C’est comme cela que je veux peindre ma paysanne. Mais qu’est-ce qu’elle m’en fait voir ! Je ne sais pas comment lui faire rencontrer son benêt d’officier de santé ...

- Peut-être ...

- Oui ?

- Je me disais ... Comme il est médecin ... Il pourrait, disons, se rendre au chevet du père, pour quelque soin ?

- Mais oui ! Mais c’est excellent, ça ! Mais je vous garde à souper, nous formons un excellent attelage, mon jeune partenaire ! Je vois la scène ... Mon bonhomme est appelé en consultation. Il ... Ah, quel nom lui donner ? C’est toujours une peine, de leur trouver un nom !

- Pourquoi pas Bovary ? C’est une buse, il est un peu bovin, donc Bovary ?

- Bovary ... Vous croyez ? Je ne suis pas sûr que ce nom ait beaucoup de succès ... Mais, je le note. Vous permettez ? Notre discussion m’a procuré des démangeaisons d’écriture, pour un peu je me remettrais à la tâche !

- Mais c’est ce que vous allez faire. Je vous remercie de m’avoir ouvert votre porte, croyez que je garderai cette rencontre dans mes plus précieux souvenirs.

- Vous croyez ? Je ne peux vous abandonner si vite à la rue ...

- Tranquillisez-vous : ce feu et votre cordial, et votre cordialité plus encore, m’ont ressuscité. Je vous laisse à votre labeur.

- Oh ! Je ne suis pas bien sûr d’en faire quelque chose, à la fin. Il y a peu à croire que ma jeune oie blanche passe à la postérité ...

- Détrompez-vous ! On la suivra dans ses rêves bien après que nous aurons disparu, vous et moi. »

Il me couvre encore de remerciements et de louanges pour ces encouragements, nous échangeons une forte embrassade, et je reviens à ma rue, l’esprit tout retourné, incertain de ce que je viens de vivre, et peu convaincu que cela ait existé.

Je sens encore aux tréfonds de moi la blessure vive de Marianne, peu consolé de m’y savoir en noble compagnie : que peuvent tous les romans du monde pour nous faire oublier les misères de nos vies ?

« Qui sait où la Voie nous mène ? »

Je regarde la sorte de mendiant qui vient de m’apostropher ainsi, faisant écho à mes méditations. Il émerge d’un tas confus de hardes puantes, mais il émane de lui une énergie farouche, et comme une sorte de joie, peu compatible avec son état miséreux.

« Bonjour, Monsieur. Vous ne pourriez mieux dire, et il me semble même que toute possibilité de voie a disparu ...

- C’est quand il cesse de chercher la Voie que le sage la trouve.

- Vraiment ? Que voulez-vous dire par là ?

- Ne me pose pas la question ! Tu connais les réponses à celles que tu ne t’es jamais posées.

- Excusez-moi ... Ce que vous dites est un peu confus pour moi ...

- C’est dans la nuit qu’on aperçoit la lumière. Aveugles sont les yeux qui font face au soleil. Et maintenant, laisse-moi dormir. »

Je m’éloigne du vieux fou, pas plus avancé, mais je sens qu’il y a quelque chose à glaner dans ses paroles hermétiques.

Quatre types avancent vers moi au milieu de la rue sombre, chichement éclairée par une torche fichée dans le mur en pierres. Je crains de tomber sur une bande malintentionnée, mais leurs costumes, pourpoints bleu ciel et chapeaux à plume, n’évoquent pas vraiment la banlieue.

« Holà ! Manant ! Ote-toi de notre chemin, avant qu’il ne t’en coûte !

- Laisse, Porthos, ce n’est qu’un gamin inoffensif. Tes excès de boisson te font-ils imaginer des hommes du Cardinal dans le moindre passant ?

- Messieurs ...

- Es-tu perdu, petit ? Dis-nous, si tu as besoin d’aide. Fuis-tu quelque danger ?

- Oh, rien de moins épouvantable qu’une belle indifférente, et vous arrivez trop tard, Mes Seigneurs : la mort a déjà fait son œuvre. J’erre plus que je ne fuis. Et Messire Porthos n’imagine pas si mal : l’inconnu qu’il rencontre n’est plus, en vérité, qu’un fantôme.

- Le gamin a de l’esprit.

- Messire Athos, si je ne me trompe ?

- Tu nous connais donc ?

- Qui n’a entendu conter les exploits de votre troupe ?

- Et, saurais-tu me nommer, moi ?

- Votre élégance raffinée me souffle, Messire, que vous devez être Aramis.

- Percé à jour, Aramis ! Je t’ai toujours dit que tes coquetteries te perdraient !

- Et vous, Messire, taquin et disert, devez être l’intrépide d’Artagnan ! »

Ma clairvoyance me vaut multiples saluts emplumés et vigoureuses embrassades.

« Mordiou ! Le gamin me plaît ! Il est estéquit comme un poulet, mais a déjà l’âme bien prise ! Il mériterait de rejoindre notre compagnie !

- C’est aller vite en besogne, mon cher Porthos. Et Monsieur a peut-être mieux à faire ?

- Rien de plus nécessaire que me trouver en noble et joyeuse compagnie. Mais je crains manquer des titres nécessaires.

- Ta modestie t’honore.

La proposition certes me tente. Mais j’aperçois, au loin, le fantôme de Marianne, et il semble me faire signe.

« Adiou ! Mon ami Cyrano ! Sont-ce vers ou bien marauds, que tu cours déconfire ?

- Mon ami, j’ai de mauvaises heures ! J’aime. Qui j'aime ?  Mais cela va de soi ! J'aime - mais c'est forcé ! - la plus belle qui soit ! »

Le poète bretteur se fond dans la nuit de ses tristesses.

« Tu vois, gamin ? Celui que cent ennemis ne parviennent à défaire, une femme le peut. Et l’amour.

Ne balance plus ! Sois des nôtres ! Non, sans doute, pour manier la rapière, je te sens de son art peu familier. Mais tu pourras au moins conter nos exploits ! Nous sommes tous vaillants, mais il nous manque un aède. Viens avec nous noyer tes pensers sombres au Cochon Qui Fume !

- J’accepte.

- Cadédis ! La belle disposition que voilà !

Messieurs ! Pour notre nouvel ami : Un pour tous ! 

- Tous pour un ! »