samedi 26 septembre 2026

Restau noir

 

Le restau, ça le fait chier.

Rester interminablement assis à échanger des propos généraux, impersonnels, « discuter », pour ne rien dire : surtout ne rien dire.

Ingérer une pitance au mieux savoureuse, parfois prétentieuse, tendance, et faire semblant de s’extasier. Il rêve d’autres voluptés.

Il a accepté pour leur faire plaisir. Allez, patron, on vous invite ! Pour votre anniv !

Il les aime bien. Ils forment une bonne petite équipe, bonne ambiance, efficace et joyeuse. L’agence fait de bons résultats. Pas difficile, dans le secteur. La région attire, soleil, nature, loin des complications et de la pression des grandes villes. Ça attire les cadres aisés en mal de reconversion au calme de la province. Et un déferlement de retraités, venus profiter de leurs économies sur la côte atlantique. Les maisons coquettes, voire cossues, s’arrachent, il ne reste plus grand-chose sur le marché, et rien à moins de 400 boules, plus souvent 600, 1000 … Difficile pour les locaux, et ceux qui bossent là pour servir ces messieurs-dames (il en faut, pour assurer le confort des heureux gagnants : entretien des jardins, ménage, santé, et tous les secteurs de la rénovation) ont bien du mal à trouver à se loger sur place, à prix d’or, et à condition souvent vider les lieux quand commence la saison estivale : priorité aux locations saisonnières, qui décuplent les gains. Business is business.

Il fait un métier dégueulasse, mais c’est pas sa faute, les lois du marché, ni la disparité des richesses. Il est tombé là-dedans par hasard, un job d’été qui s’est prolongé, ça marchait bien, il a « le contact » avec les clients, sa bonne bouille et son sens relationnel inspirent confiance, et il saisit facilement leurs attentes. Le reste de l’équipe n’a pas d’états d’âme. Ils ne voient pas le problème : c’est juste un taf, ils ne font rien de mal. Tout le monde se donne à fond, et profite des possibilités du coin : le surf pour les plus sportifs, l’entretien du jardin, de temps à autre un petit resto comme ce soir.

C’est de ça qu’il aurait aimé parler, entre autre.

Vous allez voir, patron ! C’est un concept tout nouveau, ça vient d’ouvrir, tout le monde y va !

Alors, si c’est un concept …

C’est trop de ouf ! Tout se passe dans le noir, on voit que dalle, on est là tous ensemble dans le noir total, on voit rien de ce qu’ils nous servent, ni nous autour de la table !

Ils sont là tous ensemble, assis dans le noir autour de la table. Des serveurs invisibles leur apportent des plats qu’ils ne voient pas (comment font-ils pour coordonner leurs mouvements ?!), ça a des allures de cérémonie rituelle dans une secte, sauf que les gros rires de Myriam et les éclats de voix de leurs conversations dissipent tout mystère. En fait, le noir ne change rien pour eux. Passés les fous-rires et un peu d’appréhension au début, c’est le cérémonial habituel qui s’est vite installé : considérations banales et anecdotes « personnelles », toujours les mêmes lieux communs, invectives inconsistantes contre « les dirigeants » ou les « populations à problèmes » (euphémisme prudent pour un racisme qui préfère s’ignorer), le « relâchement des mœurs » surtout chez « les jeunes qui veulent plus rien foutre », la conjoncture internationale, excitante promesse d’une apocalypse heureusement toujours différée … En boucle, interchangeables, indignations complaisantes contre toutes les injustices « insupportables », les coupables à châtier et réformer, les victimes à plaindre et sanctifier : chacun a les siens, selon ses lubies. De l’immigré profiteur fomentant une invasion sournoise au consommateur égoïste (« individualiste » !) sourd aux plaintes d’une planète à l’agonie. Du spéculateur sans vergogne, insensible aux charmes des énergies renouvelables au politique arriviste et incompétent. Chacun connaît les coupables, évidemment sans en faire partie, s’exonérant de ses propres appétits, égoïsmes, habitudes, préférences.

Sempiternelle ronde de déplorations véhémentes, jamais ouverte sur une réflexion sur de premières solutions, si ce n’est interdire aux autres tout ce qui ne nous privera pas nous-même. Quart d’heure rituel de récriminations, affirmations, pas de prise de tête

S’inventant, peut-être, des problèmes lointains, des causes théoriques, pour ne pas penser à ceux de l’immédiat : les amours, les amis, l’ennui, les manques, les peurs …

Il les aime bien et ils l’agacent, le noir de la salle n’y change rien. Il ne les voit pas, mais il les entend : ça revient au même. Pire : ne pas voir les trognes hilares, les bouches qui éructent leurs complaisances entre deux enfournements de nourriture sur-facturée (l’originalité du « concept » autorise bien des dépassements), les imaginer à partir des sons, émis comme de nulle part, donne à la scène une dimension fantastique, universelle, trans-temporelle, comme s’il assistait (participait !) à l’essence même de l’humanité depuis ses origines.

Il sent la présence de Marie tout près de lui. Coup de chance, elle s’est assise juste à côté. Il en avait envie, mais il n’aurait jamais osé manœuvrer pour. Quelques mois qu’elle est à l’agence, il la connaît mal. Peu. Les autres aussi. Mais elle, il aurait le désir de la connaître. D’en apprendre sur elle, ses goûts, ses envies, à quoi elle occupe ses loisirs, ses rêves. Ses manques. Bien sûr qu’elle lui plaît, il ne saurait pas dire pourquoi, une sorte de « noblesse altière » conférée par sa taille (ce qui l’élimine d’office : il lui manque dix bons centimètres. C’est peut-être idiot, des préjugés dépassés, mais il le sent comme ça : il n’est pas à la hauteur), son sourire calme et indulgent, comme si elle était au-dessus de la mêlée, requise par de plus hautes et profondes considérations. Il sait bien qu’il fantasme, qu’il se fait un cinéma, que probablement elle est « comme tout le monde ». Elle a un charme.

Leurs relations sont cordiales, simplement professionnelles. Avec elle seulement, ça lui aurait plu qu’ils se retrouvent au resto. Ou ailleurs, mieux que dans un lieu public, social, codifié, une des plages ou des forêts de la région : en tête à tête, l’un en face de l’autre, pour se dire … Se raconter les choses qu’on ne sait pas, ce qu’on sent sans savoir d’où ça vient ni comment le décrire, le balbutiement tranquille de deux êtres qui font connaissance.

Il ne la voit pas, il ne perçoit pas par ses sens les traits de son visage, les lignes de son corps, mais sa mémoire restitue à l’ombre à ses côtés son image précise. Il lui semble percevoir sa chaleur, son effluve. Il la sent étrangement proche, accueillante, comme si elle entendait ses pensées, tout ce qu’il ne peut pas lui confier : les paroles nécessaires que pour cette raison on n’a pas le droit de dire.

Est-ce que ça pourrait être autre chose, la vie ? Est-ce que la vie, ce n’est que ça ? Des efforts pas très utiles entrecoupés de moments agréables, un peu quelconques, et des conversations où on ne communique pas, où on ne cherche pas à savoir, des foules qui grouillent sans se préoccuper, des affrontements pour pas grand-chose, et des rêves pour se consoler ?

Le noir total libère ses imaginations, le délie des interdits catégoriques : il l’imagine nue, tout près de lui, le « concept » ce serait pas seulement de manger ensemble dans le noir, mais en plus que les convives soient nus, partageant une nudité d’autant plus troublante qu’invisible, perçue seulement par les autres sens.

Toute la soirée, il lui parle en silence, et elle lui répond. Dans un de ses scénarios, ils décident de s’éclipser tous les deux, ils se retrouvent dans l’intimité d’une chambre, ils rient et ils font l’amour.

 

 

Quand ils sortent du restaurant, la petite troupe échange les derniers rires, Ça vous a plu, patron ?

Il répond « Beaucoup », par politesse, et parce qu'il les aime bien. Il la cherche du regard, mais elle n’est déjà plus là.

 

                                                                                                Psah

 

 

Survivre en planète inconnue

 

Jusque-là, je faisais pas gaffe. Je me dissimulais pas particulièrement, pensais pas que c’était nécessaire. Ils ont deux jambes et deux bras, comme moi, ils emploient des mots, rient, comme moi : je les croyais humains. Malgré les nombreux signes. Certains se montrent aimables, amicaux. Affectueux ! Piège. C’est comme ça qu’ils vous capturent. Vous asservissent, vous dévorent, tant que vous restez à leur merci.

Toujours la même stratégie : ils adoptent un camouflage pour la chasse. Visage arborant un sourire, à votre approche. Yeux se colorant d’une lueur mimant la sympathie, exprimant un plaisir à votre venue. Accumulation de formules chaleureuses et enthousiastes : Bon jour, bon appétit, bonne année, joyeux anniversaire, merci c’est gentil, avec plaisir, à bientôt j’espère, j’ai hâte qu’on se revoie, c’est très aimable à vous ... Toutes leurs phrases parlent d’amour : ils vous ont repéré comme proie, ils en ont après vous : votre argent, votre aide, votre allégeance : courez ! Ils se chassent entre eux, aussi.

J’ai observé comment les proies se défendaient lors de cette phase d’approche, qui consiste à rassurer la cible. Ils appellent cela séduire. Plaire, courtiser, faire la cour, faire du charme. Tout est bon pour attirer, captiver, capturer, conquérir, posséder, et, quand c’est chose faite, le vainqueur dévore sa victime tout à son aise, d’un coup, ou toute une vie durant.

Quand ils s’aperçoivent de l’approche avide d’un congénère, les plus doués pour la survie ne prennent pas la fuite, ne font pas volte-face, ce qui aurait le don de déchaîner la fureur et la violence de l’assaillant. Non, ils parviennent à conserver une tranquillité apparente, ils feignent de ne pas avoir perçu l’attaque, paraissent vulnérables, consentants. Eux aussi se revêtent d’un masque affable, mielleux, ils rétorquent sur le même mode : retournent les compliments et vœux d’amour et de prospérité, semblent dupes des cajoleries qu’on leur adresse. Ils laissent leur chasseur s’approcher au plus près, humer la jouissance de la possession prochaine, et là, d’un coup, ce sont eux qui plantent leur dard mortel, qui harponnent leur capture, et repartent avec leur butin, ou se nourrissent d’elle toute une vie .

Les femelles recourent à la beauté. Elles multiplient les signaux de douceur, dévouement, vénération, amour, sensibilité, élégance, profondeur, qu’elles distribuent dans la longueur et la couleur de leurs cheveux, celle de leurs yeux, la délicatesse de leur corps, elles miment une fragilité désarmante. S’enrobent de parfums suaves et grisants, colorent leur peau, la parent d’étoffes, dévoilent indolemment des aperçus de leurs charmes : vous font espérer le festin assuré, prochain et délicieux. Les mâles, eux, jouent sur le registre de la force responsable et pacifique, efficace et protectrice. De la loyauté. Ils vous seront un allié précieux et éternel. Leurs talents innombrables seront tout à votre service. Ils ont des serments exclusifs et solennels, qu’ils répètent à tout le monde.

Au début, et pendant longtemps, j’ouvrais ma gueule, sans précautions. Je disais sans dissimuler ma colère et mon amour, mes incertitudes, mes tourments, mes bonheurs et mes tristesses : il n’y avait, autour de moi, que des amis. Très dévoués et attentionnés. N’avais pas compris que l’odeur du sang allait attiser, plutôt que la compassion, l’appétit des carnassiers. Que la horde se rue, pour le dévorer, sur leur congénère blessé. Les mots sucrés, les sourires, les gestes de sympathie : des stratagèmes, pour faire baisser la garde.

 

Fini par m’apercevoir que les choses, les mots, les attitudes ne sont pas ce qu’il semble. Pas tels que j’avais préféré les croire, à ma convenance, généreux et serviables. J’ai appris à feindre, moi aussi. A repérer la manœuvre pour le profit. Et à ne pas sembler en éprouver de déception. Saluer le traître d’une voix égale.

Pour survivre, il faut paraître à leurs yeux comme l’un des leurs. Ils ne craignent et ne haïssent rien tant que ce qui diffère d’eux. Et ce qui révèle leur duplicité : êtres de simulacres et de fausseté, il leur faut plus que tout clamer leur sincérité. Ne jamais sembler la mettre en doute. Le pire tortionnaire aura des airs de saint (et une cour empressée pour l’aider à s’en convaincre).

Il faut se fondre dans la nature, camouflage, pour ne pas subir sans cesse des attaques. La Normalité est la meilleure protection. Apprendre à parler comme eux : se réjouir de ce qui est sans valeur : une « belle réussite », un « grand exploit », s’inquiéter de ce qui est sans importance : la tenue vestimentaire, l’apparat de ce qu’on possède et la mise en scène de ses pouvoirs. Belle demeure, vaste propriété, vêtements et voiture de luxe. Manières sophistiquées, baptisées « savoir-vivre », langage recherché : marque d’une « grande culture », d’un raffinement et d’une élévation d’esprit. Même pour celui qui, entre deux dîners élégants, abuse de petits enfants, massacre quelques populations, dépouille et affame des régions entières. « Alors, mon cher ami ? Comment vont les affaires ? »

Faire comme tout le monde. Ne surtout pas s’émouvoir, contester, mettre en doute : ils se dévorent entre eux, mais, si vous leur donnez l’indice que vous n’appartenez pas à leur espèce, que vous n’adhérez pas au simulacre de leurs valeurs, vous les verrez s’arrêter soudain, tourner leur regard vers vous, et se mettre à courir à votre poursuite.

Arrêter de leur expliquer quand ils se trompent, que leurs efforts ne mènent à rien, qu’ils accomplissent le contraire de ce qu’ils prétendent vouloir : comprendre que le seul but qu’ils poursuivent est la dévoration des autres, et que leurs intentions proclamées ne constituent que des déguisements pour mieux parvenir à leurs fins. « Défense de la Patrie, de la Civilisation, du Bien commun et de l’intérêt général, de la Vraie foi, de la Nature » ... Leur dévouement est sans borne, à proportion de leur appétit à se remplir les poches et à vous enrôler à leur service. Surtout, dites « Amen », baissez les yeux et feignez de croire leur dévotion, de partager leur enthousiasme mobilisateur. Si vous ne voulez pas être déclaré Traître à la Cause, Impie abominable, mauvais citoyen, égoïste exécrable. Quelle que soit l’absurdité de la liturgie, prosternez-vous devant l’idole : faites semblant de « trier les déchets », de vous indigner à tout propos.que « les femmes » sont victimes, de même que le noirs, les juifs, les arabes, les homosexuels, les pauvres, et les enfants roms qui mendient sur les trottoirs, de façon générale tous les enfants, y compris ceux qui hurlent dans les trains. Faute de quoi vous vous retrouverez cloué au pilori, comme Réac, Mec de droite, facho, ou gauchiste, blasphémateur, sans cœur, sans morale. Commettez des abominations si vous avez du mal à vous en empêcher, mais JAMAIS, JAMAIS, si vous voulez survivre, ne laissez supposer que vous êtes sans morale. Il vous en faut une, n’importe laquelle : de toute façon, ce sera inévitablement une qui déplaît à une partie de votre entourage. Choisissez de préférence celle qui est majoritaire là où vous êtes. Mais affiliez-vous : il vous en faut une. Qui vous vaudra le soutien du groupe qui s’en réclame. Apprenez à vous écrier « Loué soit le Seigneur ! », en toutes circonstances et avec l’intonation appropriée, en substituant bien sûr les mots adéquats, en accord avec le catéchisme de la foule qui vous entoure. C’est ainsi que « Justice pour Gaza ! » sera prononcé « Non à l’antisémitisme ! » trois rues plus loin, ou « Les riches doivent payer ! » s’énonce « Mettons fin à l’assistanat » dans la cour d’en face. Toutes formules interchangeables, elles n’ont aucune importance (personne n’envisage sérieusement de les mettre en application, elles servent seulement de cri de reconnaissance, de ralliement), mais ne vous trompez pas de groupe quand vous les employez. Ou l’effet sera désastreux. Ce qui ici passait pour une déclaration de la plus grande vertu, éminemment honorable, sera ailleurs entendu comme la proclamation d’un crime.

Feindre est le moyen de survivre.

Ils persuadent leurs enfants que rester immobiles pendant vingt-cinq ans enfermés dans une salle leur permettra de raffiner leur esprit et d’acquérir les compétences pour exercer ensuite un « travail », c’est-à-dire rester enfermés plus de quarante ans dans un bureau, ou le vacarme d’un entrepôt, la rudesse d’un chantier ... Souffrances nécessaires à « être utiles aux autres » : bel et émouvant altruisme, pour dissimuler l’enjeu véritable. Obtenir, aux dépens des autres, le plus possible de ce qui permet d’obtenir subsistance et plaisirs : l’argent.

On choisit son métier « pour être utile ». Pourtant les métiers les moins utiles sont ceux qui rapportent le plus d’argent, et de considération. Pas celui qui vous soigne à hôpital, ni celui qui apprend à lire à votre enfant, encore moins celle qui récure vos toilettes. On regarde avec plus de respect et de reconnaissance la star qui plastronne dans les galas, l'’athlète qui réussit l’exploit de courir ses cent mètres en quelques centièmes de secondes de moins, ou ce vendeur de parfums et de cailloux brillants que s’arrachent la star et l’athlète.

Croire que « le mérite est récompensé ». Que ce sont bien les « meilleurs » qui réussissent et qui gouvernent. Que tout est fait pour le bien-être de tous, préoccupation première de chaque professionnel et dirigeant. Le policier qui vous protège, le banquier qui protège vos économies, le médecin qui établit vos prescriptions : croire, feindre de croire qu’ils n’ont pas d’autre souci ni motivation plus pressants que votre service. Que les populations font toujours et forcément le choix le plus juste et pertinent en matière de dirigeants, et que par conséquent la « démocratie » est le meilleur et le plus efficace des systèmes, garant de la justice et de la paix. Que jamais les foules, dans leur sagesse innée, ne se précipitent dans les bras de brutes sanguinaires ni ne les élèvent à la tribune du Pouvoir, où elles les acclament après quelques massacres qu’elles leur ont fait perpétrer.

Je ne dis pas que je parviens toujours à m’en tenir à mon identité de clandestinité, qu’il ne puisse pas m’arriver encore de prendre des risques inconséquents. D’oublier de fermer ma gueule. 

Mais, pour l’essentiel, mon camouflage tient bon : bon père, bon époux, bon citoyen, j’accomplis mes devoirs avec conscience et obéissance. La survie est à ce prix. Faire humain.

lundi 14 septembre 2026

Trois adieux, film de Isabel Coixet

 

 

 

Très beau film

 

Une approche différente (de ce qu'on voit habituellement à l'écran) des choses de la vie : dans les ocres de Rome, les relations, douceurs, surprises, déceptions. Les rencontres, découvertes, saveurs, échanges, la question de vivre, les peurs : les lumières.