Beaucoup aimé. L’art de rendre humain et prenant un sujet potentiellement aride.
Du cinéma qui rend compte. Au-delà du monde de la distribution et de l’agro-alimentaire (notre quotidien, l’arène dans laquelle nous faisons nos courses !), la logique implacable des affaires : des rapports de profit dans les relations humaines : il y a des gens qui font ça, pour faire ça. Pas juste les « décideurs », « les patrons », en collusion avec les politiques. L’intelligence du film (et de ses acteurs !), c’est de nous montrer ces « salauds ordinaires », qui nuisent sans y penser, sans états d’âme. Chacun avec son style et ses motivations propres, en toute insouciance, entre deux cocktails et cérémonies d’auto-célébration (sacrée restitution de ce langage « positif », louangeur, hyperbolique – sans cesse démagogue ! – en usage à peu près partout : dans « le monde enchanté » de l’entreprise, de la politique, des associations, fêtes de village, etc. : « On est tous formidables ! » Et contents de soi.
Genre de film qui donne envie d’un prolongement : une discussion entre spectateurs, un autre film ... La réalité décrite est bien moche, et c’est au moins un début de la dénoncer, d’essayer de dessiller les esprits de ceux « qui ne savaient pas », qui n’ont pas envie de savoir. Mais, que faire ? Comment agir ? De façon utile, efficace : pas en se contentant d’indignations aussi complaisantes que stériles, pas juste à coups d’ « actions symboliques », d’initiatives « militantes » ... Y a-t-il des actes qui seraient capables d’enrayer le système ? De s’y opposer, si peu que ce soit ?

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